• Andy Kayes vient rapper chez vous…

    Publié le 11 mars 2012 dans News / Portraits - commentaire(s).

    Non, ce rappeur n’est pas un anglais qui se défonce à la Grime ni le nouveau chanteur de R&B ricain à la mode. Andy Kayes est un Mc français (lyonnais, même) d’exception, qui jongle avec habileté avec les langues de Molière et de Shakespeare. Proche des excellents Gourmets, il partage avec eux la finesse de la technique, du beat original et du flow qui coule. Suite à sa web-série qui a déjà bien buzzé, « J’irai rapper chez vous », l’ex Manimal Instinct a bien voulu parler avec moi de son 1er opus super réussi, Alone In  Numbers

    Dis, Andy, avant d’être un chef cuistot solo, t’étais pas un Gourmet, toi ?
    Andy Kayes : Pas tout a fait, car ce groupe s’est formé alors que j’habitais encore en Angleterre. Du coup on a toujours bossé en parallèle vu que nous partagions les mêmes beatmakers (Bonetrips et Tcheep) ainsi que le même studio. Ceci explique donc notre grande amitié et nos nombreuses collaborations.

    Tu peux nous expliquer les raisons de la transformation de Manimal Instinct en Andy Kayes ?
    Andy Kayes
    : Je voulais un nom plus représentatif de ma musique… donc plus personnel. Voila pourquoi j’ai choisi de garder mon vrai prénom tout en modifiant mon nom de famille histoire de ne pas trop impliquer mes proches non plus.

    Quelles sont les différences entre ces deux identités, rappologiquement parlant ?
    Andy Kayes : Même si mes goûts n’ont pas changé en termes d’instru et de structure de morceau, je me livre plus qu’avant. Chaque chanson est une occasion pour moi de rapper sur scène ce que je ne me sens pas de dire dans la vie de tous les jours.

    Tu as lâché le français pour l’anglais aujourd’hui. Pourquoi ce choix ?
    Andy Kayes
    : J’aime beaucoup les deux langues mais le concept de l’album m’est venu lors d’une discussion avec un groupe d’amis à Londres. J’ai d’abord écrit Dreamcatcher et comme je ne voulais pas mélanger le français et l’anglais afin de garder une certaine homogénéité, Shakespeare l’a finalement emporté!

    Tu es donc revenu en 2011 avec le projet Dreamcatcher : c’était quoi l’envie ? Le concept ?
    Andy Kayes
    : Dreamcatcher est plus ou moins basé sur le conte d’Icare. C’est le fait de vouloir aller le plus loin possible même si cela est risqué. Mon but dans la vie est de vivre sans regret et ce concept est mis en avant dans ce projet.

    On y trouvait le génial morceau avec Afura, I’m Just A Man. Comment s’est organisée cette rencontre ?
    Andy Kayes
    : J’avais fait sa première partie à Lyon et on s’était bien entendus. J’étais en pleine préparation d’album donc je lui ai demandé s’il voulait qu’on fasse un morceau ensemble. Je lui ai fait écouter mon couplet et on a beaucoup parlé du concept derrière la chanson. Il a accepté le soir même et on s’est mis au boulot quelques jours plus tard.

    Tu t’es senti comment la première fois que t’as entendu ta voix à côté de celle d’un tel MC ?
    Andy Kayes
    : C’était fou mais ce qui m’a le plus fait plaisir, c’est qu’il ait placé certains éléments de notre première conversation dans son couplet. Je pensais qu’il allait prendre mon projet à la légère mais il a fait tout le contraire, à l’image des trois autres featurings de l’album.

    Mêmes questions avec le sûrement aussi impressionnant Mr Lif ?
    Andy Kayes
    : Mr Lif a toujours été l’une de mes plus grosses influences et je cite souvent son ancien label Def Jux comme l’un des mouvements qui m’a le plus marqué ces dernières années. Il est vraiment ouvert d’esprit et il ne lui a suffit que d’un titre Trail of Tears pour me pondre un couplet parfait.

    Andy Kayes – J’irai rapper chez vous # 03 (with Andy Kayes, Yarah Bravo, Amewu, Chefket & DJ Werd)

    On t’a aussi croisé sur le net à venir rapper chez les gens. D’où t’es venu cette idée ? De l’émission « J’irai dormir chez vous » ?
    Andy Kayes
    : J’ai toujours rêvé de voyager par le biais de ma musique et ce concept m’est venu lors d’une discussion avec mon manager. On s’est dit que c’était une bonne manière de mettre différents MCs et beatmakers en avant tout en découvrant de nouveaux styles de rap ainsi que de nouvelles destinations. Le titre de l’émission nous est venu par la suite. En effet c’est un petit clin d’oeil a l’émission « j’irai dormir chez vous »!

    Comment choisis-tu les lieux, les artistes ?
    Andy Kayes
    : Je fonctionne toujours par coup de coeur et le but est de changer de ville a chaque épisode. J’ai la chance de travailler avec une équipe vidéo ultra compétente Aucune Notoriété et j’espère qu’on va continuer à faire du bon boulot sur d’autres épisodes.

    Quelle a été ta meilleure et ta plus mauvaise expérience dans ce contexte ?
    Andy Kayes
    : Ma meilleure expérience était Berlin avec Yarah Bravo. Je ne savais pas du tout a quoi m’attendre et elle s’est débrouillée pour nous ramener des pointures du hip hop allemand. Le contexte était parfait et j’en garde un très bon souvenir. C’est nul mais je ne trouve aucune mauvaise expérience à te raconter… Pourvu que ça dure!

    On retrouve sur ces chansons un style très classe, loin d’un certain rap bling bling. C’est important pour toi, de ne jamais tomber dans le « trop » (putassier/bling bling/facile/grande gueule/underground/crasseux – rayer la mention inutile) ?
    Andy Kayes
    : Mon style de rap est trop personnel pour que je tombe dans le bling bling. Ma vie est loin de tout ça et comme je ne me sens pas de m’inventer un parcours, je me vois mal débarquer avec de grosses chaînes en or dans mon prochain clip!

    Question super dure et super nulle (mais je me lance quand même) : aujourd’hui, quelles sont les cinq artistes dont tu te sens le plus proche ?
    Andy Kayes
    : Cage, Chester P, Jehst, El P, Hollow Da Don.

    EN CONCERT LE MARDI 13 MARS à L’INTERNATIONAL (Paris)